quadruppani

Vous êtes à la retraite?

Ce message est destiné aux personnes qui associant mes cheveux blancs et mon domicile rural, me demandent, comme si la réponse positive était une évidence: "vous êtes à la retraite?". Outre deux traductions en cours chez Métailié, j'ai aussi un roman à livrer fin octobre à La Geste Editions, et un essai à La Découverte début janvier. Sinon, j'ai aussi quelques rendez-vous.
Ma propre expérience, ayant glandé jusqu'à l'âge de 30 ans, me conduit à penser qu'il faudrait exiger quelque chose qui ressemblerait à la retraite jusqu'à 40 ans, cette période correspondant à celle où l'abondance des hormones et la multitude des aspirations interdit de s'astreindre, puis la quarantaine passée, on s'adonnerait à ce qui ressemblerait le plus à ce qu'on appelle aujourd'hui du travail. Evidemment, ce serait dans le cadre de la société qu'il nous reste à construire, celle où aurait disparu l'exploitation et où toutes les activités humaines seraient passionnantes.
En attendant, les lecteurs, les amis et mêmes les connardEs qui souhaitent me rencontrer peuvent prendre note du programme ci-dessous.


-6/7/8 octobre : Toulouse polars du Sud
- 12 octobre « Chasse aux DRH » : Manifestation au Pré Catelan contre le Congrès des DRH présidé par Muriel Pénicaud, « DRH de l’entreprise France ».
- 12-13 octobre Nanterre colloque « Années70 en Italie »
14h00 Table ronde – Que nous disent les années 70 ? / Cosa ci dicono gli Anni '70 ? Avec Gius Gargiulo, Serge Quadruppani, Oreste Scalzone, Michel Valensi, modérée par Elisa Santalena et Christophe Mileschi
-mercredi 25 octobre, 19h30 : Rencontre à la LibrairieCharybde (Paris) autour de Loups solitaires
-jeudi 26 octobre, 19h : Institut Culturel Italien de Paris. « Milano Noir » avec Piero Colaprico, Massimo Nava, et Gianni Biondillo.
- Vendredi 20 octobre : présentation de Loups Solitaires à la librairie Passe-Temps à Eymoutiers
- Samedi 21 octobre, après le marché : événement autour de Loups Solitaires aux Abattoirs, à Eymoutiers (sous réserve)
-samedi 28 octobre, 11h30 : Apéro polar avec Serge Quadruppani à la librairie Page et plume à Limoges
- 4 novembre Festival Polar et imaginaire Bellac
- 17 novembre procès au tribunal de police de Limoges pour « menace de dégradation de bâtiment sans danger pour les personnes » (à la suite d’un commentaire sur Facebook)
-18-19 novembre : Fête du livre du Var (Toulon) 
-Dimanche 26 novembre, 14h-19h : Radio France fête le livre (maison de la radio). 

- lundi 27 novembre : Cinéma Utopia Stella 1, place Pierre-Mendès-France 95310 Saint-Ouen-l'Aumône , présentation d’un film de mon choix : La Classe ouvrière va au paradis, et signature de Loups Solitaires
-mercredi 06 décembre : soirée polar à la librairie le Texte libre à Cognac avec Olivier Truc

Douze raisons d'aimer la Corse…

Des raisons d'aimer la Corse, il n'en manque pas. Et d'abord l'accueil merveilleux de Jean-Claude et Marie-Hélène, Marie-Hélène Ferrari, auteure lorraine mais extrêmement Corse, best-seller en Corse et peu connue sur le continent (injustice qu'il va falloir songer à réparer) et de Jean-Claude, son époux, Corse qui se prétend "pas Corse" (mais très Corse à notre avis)… mais aussi beaucoup d'autres cueillies au hasard d'une promenade sur une terre porteuse de tous les stigmates du colonialisme (monoculture touristique; abandon de l'autosuffisance alimentaire qui serait pourtant si facile à atteindre, au profit d'une dépendance à la métropol; très ancienne pratique de captation des terres communes au profit des notables dociles au pouvoir central, etc.) tels qu'on a pu les repérer ailleurs, au Sud de l'Italie et dans d'autres Sud du monde… Voici donc quelques raisons en images de cette contrée magnifiques…

Raison un: Les héros de la Corse n'ont pas dit que des conneries
Raison deux (pour faire bisquer les laïcards): on y trouve de délicieuses églises

(Raison deux, suite…)

(raison deux, suite)

Raison 3: On y trouve (ici dans les classes de Marie-Hélène et d'une collègue, au lycée polyvalent Jean-Paul de Rocca Serra à Porto Vecchio) des élèves exceptionnellement attentifs, capables d'une vraie écoute quand on leur parle de littérature, de traduction, des métiers de l'édition…
Raison 4 : A la différence d'Eymoutiers, les tomates (ici pensivement examinées par Jean-Claude), ne risquent pas d'être anéanties par le mildiou…

Raison 5: les agrumes dans les jardins du Sud

Raison 6: le hamburger (blinis de farine de châtaigne levée à la Pietra, fromage et pancetta du pays) y est aussi bon (et c'est pas peu dire) que chez Jimmy à Brooklin
Raison 7: il suffit de quelques pas pour entrer dans des lieux d'outre-monde…

…des lieux où la lumière…

…les nuages, là-bas, les merveilleux nuages…






…évoquent davantage les limites océanes de l'Europe ou les sommets de l'Asie…



…une Brocéliande au coeur de la Méditerranée…

… l'attente de la fée Morgane plutôt que le bronzage post-prandial à quoi l'on a réduit Notre Mer.

Raison 8: sur les chemins, au lieu d'écrire "totor et rirette" dans un coeur, les passants édifient des signes pour ajouter au mystère

Raison 9: quand on approche de la mer, on n'y trouve pas forcément des bronze-culs bondés, mais des criques qui ressemblent à des fjords…

…des bassins à nymphes…

…des cités à corsaires…

…des cabanes à gnomes…

…des piscines primordiales.

Raison 10: Quand il y a une université, elle est au pied d'une citadelle mélancolique et au bord de l'immensité du maquis

Raison 11: A Corte, un pont comme dans le parc de Yellowstone…

…et,  des citernes comme sur la route 81 dans l'Arkansas…

Raison 12: ce qu'on voit du train qui mène de Corte à Ajaccio…

…un train au moins aussi beau (et c'est pas peu dire) que celui qui mène de Limoges à Eymoutiers…

…un train dans les nuages

Loups solitaires

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Le loup criait sous les feuilles/En crachant les belles plumesDe son repas de volailles :/
    Comme lui je me consume
.

Rimbaud, Derniers vers

 Et si devaient apparaître un jour d'autres "loups solitaires" que des misérables abrutis pressés de faire reluire leur mort en revendiquant la franchise d'une multinationale du mal absolu née de la copulation entre l'Arabie des Saoud et l'Occident? Et si, parmi ceux chargés de la combattre, certains passaient à l'ennemi? Et si d'autres désertaient? Ce sont quelques-unes des questions que se posent les humains dans  Loups solitaires, mon dernier roman noir en librairie le 5 octobre. Heureusement, les animaux y interviennent pour contenir les folies humaines…


Pierre Dhiboun, membre des forces spéciales françaises infiltré dans un groupe djihadiste au nord du Mali, a disparu à son retour en France. Manifestement, il a déserté. Mais de quelle armée ? La française ou la djihadiste? Beaucoup de monde aimerait le savoir : sa supérieure directe – une générale de gendarmerie qui ne rend compte qu’au président –, une mystérieuse organisation d’anciens contractants de toutes les guerres d’Orient et tous les services secrets français.
Dhiboun est-il un loup solitaire ?
Or voici qu’il réapparaît près d’une base où les armées occidentales mènent d’étranges opérations à distance, aux côtés d’une rousse qui a plus d'un Glock dans son sac et de son amant chirurgien en rupture de chirurgie.
Ce qui semblait une classique affaire de terrorisme va muter brusquement en rencontrant le Limousin profond, ses marginaux foldingues, ses gendarmes clochemerlesques, et surtout ses animaux bien décidés à n’en faire qu’à leur tête: chat, choucas, ânesse, abeilles et surtout un loup, un vrai, qui pénètre sur le plateau de Millevaches.

Affaire du poulet cru quai de Valmy: une fiche de rattrapage

(cliquer pour tout lire) Souvenez-vous, mercredi 18 mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, le syndicat de police Alliance ravissait la place de la République au mouvement Nuit Debout. Il s’agissait alors pour le syndicat de mettre en scène une réconciliation avec la population en s’affichant avec quelques bonnes âmes d’extrême-droite. Alors qu’un contre-rassemblement est gazé par les forces de l’ordre puis repoussé des abords de la place, une manifestation sauvage s’improvise. Sur son chemin, une voiture de police bloquée dans la circulation est prise à partie par la foule et prend feu après qu’un fumigène a atterri sur sa plage arrière.
Donc, il n’y a pas eu de poulet grillé quai de Valmy, et c’est tant mieux. D’une manière générale, les opposants les plus radicaux aux exactions du capitalisme font preuve d’une juste capacité à l’autolimitation de la violence : c’est la preuve de leur maturité politique.

En suivant ces trois liens, ici, ici, et ici vous aurez les trois premiers épisodes des audiences du procès qui prétend établir la vérité sur cette sombre (ou trop claire) histoire. Les trois premières chroniques sont écrites successivement par Frédéric Lordon, Nathalie Quintane et votre serviteur. Celle qui devrait paraître demain, sur la dernière audience (le verdict sera connu plus tard) sera écrite par Alain Damasio, il vous faudra vous reporter directement à Lundi matin pour la lire, demain, je serai loin des écrans et ne m’en porterait pas plus mal.

Basé sur le travail d’un ami, voici le rappel de l’affaire pour qui en aurait besoin :
Les 4 premiers mis en examen (Léandro, Angel, Antonin, Bryan) ont tous été arrêtés quelques heures après les faits ou le lendemain matin. Ils étaient tous interdits de manif depuis des semaines mais avaient gagné l’annulation des interdictions par le conseil d’état le matin même ou la veille. D’où le soupçon que leurs arrestations étaient en réalité une sorte de vengeance de la police afin de démontrer que leurs interdictions étaient justifiées. Quoi qu’il en soit, ce qui est certain et confirmé dans le dossier d’instruction c’est que la seule charge qui pèse contre eux au moment de leur arrestation est un témoignage anonyme. Témoignage sous x qui s’est avéré provenir d’un policier des renseignements de la préfecture de Paris (cela a été découvert à cause de la bourde d’un greffier). Le même témoin anonyme policier avait d’ailleurs assuré de la présence d’une ou deux autres personnes interpellées elles aussi mais qui ont eu la chance de pouvoir démontrer qu’ils étaient en cours à ce moment là. C’est dire de la probité de ce témoignage. La levé de son anonymat a été réclamée par la défense mais le juge a refusé au prétexte hilarant que je copie/colle :
Saisie ultérieurement par les avocats, la Chambre de l'Instruction statuait sur cet incident ct rejetait les requêtes en nullité, considérant que la procédure du témoignage sous X avait été respectée, que la levee de l'anonymat telle que demandée présentait un risque éleve pour la sécurité du témoin, ct enfin et surtout que la qualite de policier averée, loin de rendre suspecte sa déposition, ne faisait que la renforcer puisqu'elle emanait d'un fonctionnaire assennenté, qui d'ailleurs avait fait part d'objectivité dans son témoignage
en indiquant notamment qu'il n'était pas en mesure d'identifier tous les auteurs.

Ce sera certainement un gros bout dans les débats.
Ils sont tous les 4 très actifs dans les mouvances politiques de jeunes comme l’action anti-fasciste Paris Banlieue ou le MILI.

Les 5 autres ont été arrêtés plus tard après enquête policière.
L’essentiel des débats va reposer sur le travail d’identification à partir des vidéos prises ce jour-là et des vêtements trouvés chez les uns et les autres. Il y aurait aussi dû avoir tout un truc sur la tentative d’homicide mais le chef d’inculpation a été abandonné en fin d’instruction. Pour 3 d’entres eux qui étaient seulement sur place, il sera beaucoup question du chef de « Participation à un groupement violent » qui n’implique pas d’avoir commis les violences en question pour être poursuivi. (Une bonne analyse de ce délit est consultable ici : https://lundi.am/Delit-de-participation-a-un-groupement-violent)

Léandro Lopes (33 ans) : Ancien postier en formation d’éducateur spécialisé. Il est reconnu a proximité de la voiture mais ne commet aucune violence. Il est donc seulement poursuivi pour participation à un groupement.

Bryan Morio (21 ans) :, étudiant. La police commence par l’accusé d’être un des assaillants mais le problème c’est qu’ils reprochent le même acte à une autre personne. Ils doivent donc se raviser, l’identifient ailleurs dans le rassemblement. Il est poursuivi pour participation à un groupement. Il a aussi refusé de donner son ADN.


Angel Bernanos (19 ans) : étudiant. La police commence par l’accusé d’être un des assaillants mais le problème c’est qu’ils reprochent le même acte à une autre personne. Ils doivent donc se raviser, l’identifient ailleurs dans le rassemblement. Il est poursuivi pour participation à un groupement. Il reste à peu près un mois en détention malgré la méprise évidente et le fait qu’une autre personne soit incarcérée pour être le même « personnage » sur la vidéo.

Antonin Bernanos (22 ans) : étudiant.
Il est accusé d’être l’individu qui s’approche du policier qui vient de sortir son arme et lui assène des coups de poing à travers la vitre avant gauche (brisée) de la voiture. Puis de revenir avec un plot métallique qui est jeté à travers la vitre arrière juste avant qu’une autre personne n’y allume le fumigène. Les évènements qui sont censés le confondre sont très faibles. Il y a d’abord le témoignage du policier sous X, évidemment. Puis il y a tout un débat sur la couleur d’un caleçon retrouvé chez lui en perquisition qui semble ressembler à celui porté par l’assaillant. Est-il mauve, rose ou rouge clair ? Avocats, policiers et magistrats ne semblent pas tous d’accord …

David Brault (Kara) (28 ans): Avocate Picarda. Il est américain, trans et donc sans emploi ni domicile en France.
Elle s’est faite arrêter plusieurs semaines plus tard alors qu’elle se trouvait dans une manifestation. Les policiers l’ont reconnu. Elle est accusée d’avoir jeté un premier plot qui a explosé le pare-brise avant de la voiture. Elle a reconnu les faits et on peut imaginer que les juges et parties civiles insisteront sur le fait que derrière le pare-brise il y avait la policière et qu’elle aurait donc pu lui faire TRES TRES mal. Devant les juges Kara a d’abord tenu une position de repentance en s’excusant et en déclarant qu’elle avait pété un plomb. Dernièrement, il semblerait qu’influencée elle soit sur une position revendicatrice : je suis anarchiste et je vous emmerde. On verra. En tous cas, la taule n’est certainement pas une partie de plaisir en tant que trans. Les rumeurs veulent qu’elle aurait été agressée et embrouillée à de nombreuses reprises.


Nicolas Fensch : (40 ans) : Il lui est reproché d’être la personne qui frappe le policier avec une espèce de grande tige, ce qu’il reconnaît et regrette. Il est ingénieur en informatique et n’a absolument rien à voir avec les milieux politiques. Grosso modo, il se rend quelques semaines auparavant à sa première manif accompagné de sa mère. Là, il est juste scandalisé par la violence de la police et se politise à vitesse grand V. Sur son ordinateur, les flics retrouvent des textes intitulés « comment je suis devenu un casseur ». Je vous mets l’extrait du dossier d’instruction :

L'expertise informatique réalisée sur les ordinateurs et téléphone saisis chez l'intéressé révélait la presence de plusieurs textes qu'il avait rédigés expliquaient en ces termes "comment je suis devenu un casseur ' à la suite de sa participation à la manifestation du 28 avril2016.
Le mis en examen écrivait avoir "basculé" à la suite des violences policières qu' il disait avoir constatees, lui ayant fait prendre conscience de 1'état de la société, de la répression policière et du mensonge des médias.
Dans un second texte intitulé "Pourquoi ?''. il concluait à la nécessité de "montrer de manière violente que nous ne voulons plus de ce régime".
A partir du mois d'avril20 16 en effet, ses recherches internet demontraient sa volonté de se documenter sur les grèves, les manifestations, les violences urbaines, mais également sur les brutalités policières, les différents services de police et leur matériel de dotation (IGPN, DOSP, DRPP, Syndicat alliance, flashball, casque, grenade de désencerclement" ... ).
Par ailleurs, la preuve de recherches actives d'équipements de protection pour se rendre dans les marufestations violentes etait démontrée (lunettes de piscine, lance-pierre, fumigene ). Un portrait de lui porteur de ses equipements était d'ailleurs retrouvée, correspondant exactement à ce qu'il portait le 18 mai.

Il a été libéré il y a quelques semaines au motif qu’il n’entretiendrait aucun rapport avec les milieux politiques. Évidemment on peut s’attendre à ce qu’il se tienne à une repentance sincère et complète lors du procès mais de fait, il représente vraiment un concentré sucré de ce qu’est le « cortège de tête », avec toute la sincérité et le rapport épidermique à la situation que cela implique. C’est vraiment le précipité pur de la situation de ce printemps 2016.

Thomas Richaud (20 ans): étudiant. Il est arrêté le 26 septembre, donc des mois plus tard. On lui reproche d’avoir mis des coups de pied dans le coffre de la voiture, ce qu’il reconnaît. Il n’est pas incarcéré mais est sous CJ depuis.

Ari Rustenholz (31 ans) : Interpelé le 7 février après une longue et minutieuse enquête (en l’occurrence il était en contact avec la mère de Nicolas Fensch pour l’aider dans le soutien). Les policiers prétendent le reconnaître en train taper avec un « potelet » sur le véhicule. Il n’a fait aucune déclaration en GAV ni devant la juge.

Joachim Landwehr (28 ans) : Ce sera le grand absent. Il est considéré comment étant la personne ayant déposé délicatement le fumigène dans l’habitacle. De nationalité
Suisse il n’était pas extradable pour audition. Son identification est assez étonnante : « un renseignement émanant d’un service spécialisé parvenait aux enquêteurs concernant un individu très ressemblant, photographié à l’occasion d’une manifestation se nommant Joachim Landwehr et demeurant en Suisse ». Quoi qu’il en soit, il n’y a pas la moindre info à son propos si ce n’est qu’il n’aurait pas payé son avocat et qu’il risque donc de comparaître absent et sans défense.

Deux points :
- Les deux policiers se nomment Kevin Philippy et Allison Barthélémy. Ils ont eu très peu d’ITT mais déclarent être traumatisés à vie (ce qui s’entend, sans ironie). Alliance se porte partie civile mais on ne saura qu’en fin de procès sur la partie civile est jugée recevable par le tribunal.
-Le policier Kevin, alors que les premiers manifestants passaient autour de la voiture et mettaient plus ou moins des coups dedans en courant, a sorti son flingue. Un journaliste indépendant qui a par la suite été interviewé par toutes les télés (sans relater cette scène) a tout de suite hurlé : « range ton flingue, t’es filmé ! range ton flingue t’es filmé ! ». Et c’est donc à partir de ce moment là que la situation dégénère. Ce détail a été consciencieusement extrait de toutes les vidéos et de tous les récits diffusés médiatiquement mais il est attesté à 100%, vu de mes yeux vu. Bref, les avocats de la défense ne sont pas tous d’accord sur la pertinence de l’évoquer ou non, ils sembleraient plutôt contre pour ne pas faire valoir d’équivalence compliquée mais s’il en est question, il faut avoir en tête que c’est vrai.


Bilal Berreni: les combattants ne meurent pas

En 2013, je signalais ici-même la mort de Bilal Berreni, street artiste radical que m'avaient fait connaître les amis d'Article 11, en ces termes: "A sa manière, particulièrement pertinente et belle, c'est-à-dire avec une intensité où la pertinence et la beauté fusionnent, il luttait contre l'entreprise d'invisibilisation des damnés de la terre, qui sert si bien les maîtres du monde. On se souvient avec émotion de ses interventions en Tunisie, de ces portraits grandeurs natures des morts pour la liberté dévisageant la foule dans les rues de la Tunis post-révolutionnaire ou des oriflammes brandis par les réfugiés lybiens à la frontière désertique de leur pays et qui les représentaient, eux: leur simple présence, leur simple image valant revendication à titre universel… Quand on songe à la manière dont il les avait confectionnés, en séjournant dans le camp, parmi les réfugiés qui l'avaient accepté au point ensuite d'utiliser ses oeuvres dans leurs manifs on mesure l'abysse entre l'art qui vit et les entrepreneurs multimilliardaires qui utilisent le même mot pour désigner leurs produits."
Ses amis, sa famille, ses collaborateurs travaillent à faire connaître bientôt, par l'intermédiaire d'un film et d'autres manifestations son travail exemplaire. Allez voir le beau film qui nous restitue sa présence lumineuse et si vous ne les soutenez pas, je ne peux rien pour vous.

 
Bilal refusait de "s'enfermer': faisons passer son message.

Eloge du dialogue

On connaît la politique maison: je ne publie qu'exceptionnellement les commentaires qui me sont hostiles, et alors c'est pour me foutre de la poire de ceux qui les ont commis. Il faut donc me croire sur parole quand je dis que j'ai toujours eu mon lot d'insultes. Il faudra d'ailleurs un jour que j'en dresse la liste, car il me semble qu'elles sont assez représentatives de cette chimie des aigreurs qui semble à la base de la "pensée" de tant de militants du clavier, réacs de "gauche" (ayatollah de la laïcité), réacs de droite (amoureux des flics), réacs réacs (mélange des deux), marxistes en béton soviétique, et autres ultragauches croyant leur boutique attaquée ou poursuivant d'incompréhensibles névroses. Sans compter les dingues authentiques. Depuis quelques temps, les insultes ont tendance à se multiplier et les menaces (y compris de mort) avec. Des gens m'écrivent pour me dire qu'ils connaissent mon adresse. Ce qui ne dénote pas une perspicacité exceptionnelle, je suis dans l'annuaire et j'ai publié plusieurs fois des photos de convocation où l'indication du domicile apparaissait. Ces gens énervés m'annoncent leur visite. Je tiens à leur souhaiter la bienvenue. S'ils se sont un peu renseignés sur moi, ils savent que je suis très accueillant, toujours disponible pour les arrivées impromptues et les amis ne se sont jamais plaints ni du gîte ni du couvert. Quant aux ennemis, je suis curieux de voir comment ça pourrait se passer. Je souhaite développer avec eux un dialogue approfondi, et je dispose d'ailleurs de multiples instruments de jardinage et de bricolage qui pourraient aider à intensifier les échanges.

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